Emprise est un film noir, beau et atemporel, qui frappe fort et qui, partant de la fragilité de l’esprit humain, dresse un portait fascinant et inquiétant du monde des hommes.
The Prodigies (Antoine Charreyron, 2011)
Bluffant, mature, audacieux, The Prodigies ne lâche rien. Boudant toutes les modes actuelles, prenant au contraire appui sur trois décennies de « sous-culture », le film d’Antoine Charreyron s’aventure dans des terres jusqu’à alors réservés aux attardés amateurs de mangas et de jeux vidéos.
Cheun [a.k.a. Slice] (Kongkiat Khomsiri, 2010)
Esthétisant, sous influences, ouvertement provocateur, Slice séduit par son parti-pris esthétique, et par la rupture de genre qu’il propose.
Scream 4 (Wes Craven, 2011)
Malgré des défauts inhérents au cinéma de Kevin Williamson, Scream 4 est une oeuvre importante dans l’histoire du slasher (il enterre purement et simplement la vague qu’il a suscitée), dans son analyse de l’état actuel du cinéma et de son rapport avec son public adolescent, et dans sa critique de la teen-society 2.0.
Black Death (Christopher Smith, 2010)
Intellectuellement stimulant, visuellement bluffant, porté par une troupe d’acteurs solides, Black Death est l’un des films essentiels de 2010.
Blue Valentine (Derek Cianfrance, 2010)
Pour des raisons que j’ignore, les auteurs hollywoodiens (et les autres) semblent convaincus que le public a besoin de belles histoires d’amour éternelles, a besoin de fantasmer sur le coup de foudre, a besoin de croire en un idéal amoureux neuneu. Et peut-être est-ce le cas. Les gens ont besoin de rêver paraît-il. Il y a, à mon sens, une différence entre le rêve et la bêtise.
Martyrs (Pascal Laugier, 2008)
Martyrs n’en demeure pas moins un énorme condensé de cinéma fantastique, qui séduit sur sa forme et intrigue sur son fond ; et surtout s’impose, faute d’une réelle concurrence, comme l’un des films français les plus novateurs de ces dernières années.
Morse (Tomas Alfredson, 2008)
Morse propose donc une relecture décalée et moderne du mythe du vampire – décalée, car elle est donnée du point de vue de l’asservissement d’un serviteur et moderne, car si Eli utilise les mêmes artifices de séduction qu’un Dracula, elle s’appuie moins sur la peur que sur la fascination qu’elle suscite.
Domino (Tony Scott, 2005)
“Tous les actes de Domino ne ramènent qu’à ça. Quand elle défonce une porte ou pointe une arme sur quelqu’un, c’est moins par goût que par dégoût de cette déchéance, de cette apocalypse culturelle. ”
The Box (Richard Kelly, 2009)
S’affranchissant de par leur nature de toute grille de lecture, les œuvres de Richard Kelly font dès lors partie d’une avant-garde, par nature imparfaite et incomprise, celles des œuvres de fiction totales.
X-Files: Régénération (Chris Carter, 2008)
IWTB est un adieu légitime d’un créateur à ses héros et une remarquable tentative d’anti-blockbuster.
The X-files – Combattre le futur (Rob Bowman, 1998)
La grande vérité de la série ayant été révélée, Chris Carter conclut donc X-Files par un épisode spectaculaire, au para-texte subtil, et par une déclaration d’amour, non dite, entre ses deux personnages.
Fragile (Jaume Balagueró, 2005)
Fragile est magnifique, intense, touchant, d’une beauté à émouvoir même ces sales petits cons iconoclastes du fandom.
Monsters (Gareth Edwards, 2010)
L’avenir du cinéma est dans les voies parallèles, celles où l’œil de la caméra n’est pas vissé aux résultats nets, mais où il se porte, et porte un regard particulier sur le monde.
All the Boys Love Mandy Lane (Jonathan Levine, 2006)
Attention, All the Boys Love Mandy Lane n’est pas un slasher, n’est pas novateur, n’est pas un film-choc, n’est pas ta mère comment c’est trop bien, non, All the Boys Love Mandy Lane est simplement un film hors-normes, cruel et poétique, un chef d’œuvre en état de grâce permanent sur la fin de l’adolescence.
La Horde (Yannick Dahan & Benjamin Rocher, 2009)
La Horde est un film correct, un honnête divertissement, avec une mise en scène réfléchie, qui ne tient pas toutes ses promesses, mais qui a le mérite d’en tenir beaucoup.
The Lost (Chris Siverston, 2006)
The Lost est un film sans ambages sur ces adolescents laissés pour compte, et dont la violence inhérente à leur âge ne trouve plus de réceptacle autre que dans la drogue, la domination sexuelle et le meurtre.
I’m here (Spike Jonze, 2010)
Il est surprenant de voir comment Spike Jonze réussit à animer et faire sourire des carcasses d’ordinateur ; alors qu’en face, avec un budget démesuré, James Cameron peine à rendre crédible des aliens en images de synthèse.
Valhalla Rising (Nicolas Winding Refn, 2009)
Valhalla Rising s’apprécie avant tout pour sa plastique et pour le voyage onirique/métaphysique/autre qu’il propose.
Jennifer’s Body (Karyn Kusama, 2009)
La prestation d’Amanda Seyfried combinée à l’esthétisme pop et romantique très années 1980 de la réalisation de Karyn Kusama achève de convaincre du bien-fondé et de la sincérité de la démarche. Jennifer’s Body est un sympathique film de monstre sur le passage à l’âge adulte.
Near Dark (Kathryn Bigelow, 1987)
Le sage nous dit qu’on doit juger un film à l’aune de sa scène de cul ; Near Dark est donc le meilleur film de tous les temps.
Sky Crawlers (Mamoru Oshii, 2008)
Ceux qui attendaient un film d’action seront plongés dans un ennui sans fin, mais les autres auront sous les yeux l’un des métrages les plus envoûtants de l’année, et sans conteste l’un des meilleurs films de science-fiction de la décennie.
Machete (Ethan Maniquis & Robert Rodriguez, 2010)
Alors, aussi étonnant que cela paraisse, au-delà de ses ficelles narratives de mauvais film de série B, Machete s’impose comme une peinture saisissante, sincère et touchante du peuple de Robert Rodriguez – un peuple qui ne croit plus aux lois mais qui croit encore à la justice, un peuple qui oppose un réseau d’individus aux murs d’un système, un peuple dont les héros meurent d’une balle dans la tête.
Kaboom (Gregg Araki, 2010)
Araki refait enfin du Araki, certes moins sombre, moins en prise avec le réel, mais foutrement jouissif.
Démineurs (Kathryn Bigelow, 2008)
La force de sa réalisation, alliée à une narration hors-norme, impose Démineurs comme une œuvre ancrée dans son temps, à la mise en scène impliquée et personnelle, réflexive et novatrice, et soucieuse de ne pas délivrer de pseudo-messages à l’emporte-pièce, mais de montrer la réalité telle qu’elle est – ou plutôt les réalités telles qu’elles sont.
The Great Ecstasy of Robert Carmichael (Thomas Clay, 2005)
The Great Ecstasy of Robert Carmichael, de Thomas Clay, fait partie des films récents marquants et significatifs sur la violence adolescente.
[J+5] Feuilletez gratuitement la version numérique de KKK
Joie de la technologie bienfaisante, KKK est disponible à la vente en version numérique.
[J+3] Non, je ne joue pas du Métal
Avant d’être un roman, Killing Kate était un groupe de métal.
[J+1] KKK est sorti… au rayon policier
La preuve en image que la Fnac n’est définitivement pas une librairie mais une grande surface.
[J-1] In Memoriam – Brittany Murphy
KKK est dédié à la mémoire de Brittany Murphy (10.11.77 – 20.12.09)
[J-7] KKK – Le casting !
En exclusivité et à une semaine de la sortie du roman : le casting de Killing Kate Knight.
[J-9] KKK, un roman Avant-Pop ?
« The single most important creative directive of the new wave of Avant-Pop artists is to enter the mainstream culture as a parasite would sucking out all the bad blood that lies between the mainstream and the margin. »
[J-10] Killing Kate Knightley (polar US)
Petit tour du web, dix jours avant la sortie de KKK…
Girl Kicks Ass Standard
Cette période d’accalmie avant la sortie planétaire de KKK est l’occasion de réfléchir ensemble sur le concept de Girl Kicks Ass – un concept largement à l’honneur dans KKK.
KKK – Première critique !
A 45 jours de la sortie de KKK, voici en exclusivité la première critique du roman.
[J-49] La couverture !
En exclusivité mondiale, voici la couverture définitive et girls friendly de KKK, qui devrait sortir en librairie le 23 février prochain.
[J-67] Nouveau titre, nouvelle couv, nouvelle date de sortie (nouvel auteur ?)
La sortie de KKK est décalée du 9 au 23 février 2011.
Le titre du roman devient Killing Kate Knight.
Auprès de moi toujours – Kazuo Ishiguro
Auprès de moi toujours est un roman attachant, qui séduit à la fois par son ton et sa narration.
[J-69] Comment trouver un éditeur ?
Les manuscrits papiers, ça ne sert à rien (à part surélever votre lit).
[J-75] Sur l’écriture – Les personnages
Je me suis permis récemment, sans doute pour accentuer mon côté « auteur », de prétendre que mes personnages étaient vivants et me dictaient en quelque sorte le roman…
[J-77] Arnaque !!!
Dans ce monde, tout n’est qu’affaire d’apparences, de tromperies, d’illusions et de mensonges.
[J-78] Sur l’écriture – La réécriture de KKK
Réécrire consiste à passer d’un premier jet bancal, maladroit, parfois illisible à un texte LISIBLE, FLUIDE et français, si possible.
KKK – Le vrai prologue !
Leçon d’anatomie live ; ouvre ton cahier.
Ici, l’os frontal, coupé en deux, net – du travail de pro. Note le déboîtement du
pariétal et de l’occipital, et les multiples fissures, ici, là, là et encore là – l’harmonie de
leur trame. Regarde le liquide cérébro-spinal, cette substance pure, originelle, qui
étincelle et se répand, imperturbable ; sa progression est la seule présence de vie
des environs – avec le vent hivernal (ce souffle glacé qui pousse comme des petits
fragments de polystyrènes, imitant un gosse jouant avec des cubes – ceux avec les
lettres).
Regarde-moi
(…) alors la deuxième solution à laquelle tu penses c’est d’apprendre aux gens à accepter cette pluralité de visions, et là, tu le sais aussi bien que moi : autant apprendre le calcul différentiel à des terminales littéraires (…)
[J-83] Point d’étape
Cela fait 5 ans (…) que le projet a débuté.
Plusieurs personnes m’ont demandé si j’étais impatient, tout ça. En fait, non. Je crois qu’au bout de 5 ans, en plus d’apprendre la patience, on apprend aussi à apprécier chaque étape de la construction d’un roman.
De la légitimité de réfléchir
Suis-je plus légitime, quand je prétends qu’Avatar est une grosse baudruche, que ma belle-soeur, quand elle affirme qu’Avatar est une jolie histoire morale pour les enfants (sic).
Y a-t-il plus de Fuck dans Domino ou dans KKK ?
C’est vrai, ça c’est une question importante. Eh bien, grâce au guide parental de l’IMDB, vous, parents, vous pouvez savoir le nombre de Fuck prononcé dans le film Domino.
De la non-diversité culturelle
« I’ll be at the Kentucky Theatre crying about the fall of modern cinema. Enjoy your explosions. »
[J-90] Sur les corrections
Un roman n’est pas que l’œuvre d’un auteur, mais aussi le résultat du travail d’un auteur avec une équipe éditoriale.
Les monstres sont toujours vivants
Alors oui d’accord Monstre n’est pas un grand roman, n’est pas un roman foncièrement original, n’est pas d’une ambition folle, mais voilà Monstre est réussi, rafraichissant, bien taillé et surtout d’une impeccable maîtrise formelle.
Se fondre dans les interstices
Tant qu’à faire un blog, autant ne pas parler que de KKK. J’ai envie de partager des lectures d’autres œuvres. Plus spécialement, celles qui relèvent, comme KKK, de la « fiction interstitielle ».
[J-93] Amazon is watching you
Il y a un décalage certain à avoir sous le nez un roman en cours de correction et sur l’écran ce même roman en pré-commande sur Internet. La magie du Web, sans doute…
[J-98] Never Let me Go Out
« Knightley is terrific in what is essentially a supporting role », « Knightley embraces the ambiguity in Ruth », « the oft-maligned Keira Knightley, strong and subtle as the greedy, petty and finally penitent Ruth. », « Knightley is always convincing as the manipulative Ruth »…
[J-117] 1285…
Pour ceux qui se demandent comment se passe une correction, sachez que ça se passe bien.
En gros, ça ressemble à une relecture que pourrait vous faire un pote, sauf que là les remarques sont vachement plus pertinentes.
[J-147] L’écriture de KKK
C’est l’un des aspects les plus intéressants dans l’acte d’écrire : découvrir là où vos personnages ont décidé de vous emmener.
[J-152] Keira est une motarde !
La neige m’enveloppe, m’enveloppe, m’enveloppe. Ma vue est troublée, je distingue à peine la route, le contour des arbres ensevelis sous la tempête. Seule une mémoire réflexe me guide vers le bon chemin ; je me fie à son instinct et aux ombres nocturnes qui me précèdent.
Elle est derrière moi. Elle me poursuit sans relâche ; je sais que les hommes du Fool ne pourront la retenir et en aucun cas la vaincre. Je sais qu’elle est là pour me tuer, pour nier jusqu’à mon existence – comme si je n’étais qu’un rôle obsolète, interprété par cette actrice, cette Keira.
[J-159] Zombies, lesbiennes, road trip et fantasy noire
Si je veux rester positif, je dirai qu’à travers cet épisode ont commencé à apparaître quelques archétypes de mon imaginaire. Plus vraisemblablement, cette première tentative d’écriture m’a surtout appris que je n’étais pas Stephen King.
[J-165] Apprendre à écrire
Quitte à être méchant une fois pour toutes, autant dire les choses telles qu’elles sont : le fandom est un milieu conservateur qui étouffe dans l’œuf toute création et qui rend impossible toute progression.
De l’art de l’extrait
C’est ainsi que je suis tombé sur ce formidable argumentaire presse de Lokomodo Diffusion à propos du roman Réfractaires de Jess Kaan.
[J-165] RIP Satoshi Kon
Je me souviens. Quand j’ai commencé à gribouiller sur KKK, j’avais noté dans ma TODO-list : « revoir Perfect Blue ».
[J-173] Never let me go in France
Never Let me Go sort en septembre 2010 aux USA et en février 2011 en France – soit donc 1 mois avant la sortie de KKK.
L’histoire de Jess’
« On fait quoi Jess’ ? »
Elle baisse la tête, tremble. Le reste n’est que silence. Je perçois moi aussi les mouvements des ombres – elles rampent autour des tables, rongeant les pieds des tabourets en guise d’apéritifs.
« On fait ce que ton peuple aurait dû faire depuis longtemps. » Jude me regarde, interloquée. « On se bat. »
[J-182] Invasion de cafards à Scylla
Je mentionne le Cafard et Scylla car ces deux aimants ont un temps rythmé ma vie et de facto façonné mon imaginaire. Énoncé plus prosaïquement, ce sont les échanges avec les lecteurs/écrivains qui fréquentèrent ces deux lieux réel/virtuel qui m’ont amené à reconsidérer ma façon d’écrire, qui ont permis à mon style de murir un minimum et qui ont probablement donné un sens à cet acte de création.
La Chatte bleue
C’est pendant la nuit qu’on les discerne le mieux.
De grandes traînées claires dans le ciel, comme des plaies anciennes sur
les restes froids d’un cadavre. Taches blanches dans un dégradé de gris.
Le vieil homme m’a parlé des étoiles qui tapissaient le ciel – avant. Je n’ai
pas très bien compris. Il parlait de dessins dans le ciel. Il parlait d’histoires.
Avec une brindille, je tisse des rayures sur la terre cendreuse.
Le silence.
La chatte bleue vient heurter la brindille et apposer ses empreintes sur le
sol ; briser les lignes.
Elle me rappelle à l’ordre.
[J-185] C’est parti
J’ai rendu la dernière version du manuscrit de Killing Keira Knightley à mon éditeur (SG) le week-end dernier.
