[J-75] Sur l’écriture – Les personnages

Je me suis permis récemment, sans doute pour accentuer mon côté « auteur », de prétendre que mes personnages étaient vivants et me dictaient en quelque sorte le roman (voir l’article sur l’écriture de KKK).

Essayons de clarifier ce point – puisque je pense que c’est l’un des points les plus intéressants dans l’acte d’écrire.

Je parle ici de considérations d’écriture pour KKK (extensibles à Noire), mais qui ne sont pas à généraliser pour d’autres écrits.

Quand je dis que les personnages sont vivants, je parle de façon abusive des personnages principaux. Ceux-ci ont une consistance et « existent » dans mon imaginaire. Ils ont un caractère, une façon de parler, une histoire, des zones d’ombres…
Mais tout cela n’est pas calculé.
J’amène l’idée de départ (par exemple : une jeune guerrière sexy), j’apporte quelques caractéristiques qui me semblent intéressantes (une cicatrice, un souvenir, un leitmotiv), et après je laisse le personnage se développer « tout seul », se nourrir des images vécues ou imaginaires qui tapissent mon cerveau. Plusieurs mois plus tard, les personnages ont acquis de la profondeur, et cela devient presque « facile » de les mettre face à un événement ou de les faire parler.

Là où c’est amusant (après coup), c’est qu’ils ne réagissent pas comme le scénario le prévoyait, déviant l’histoire presque malgré moi. C’est un peu comme un jeu de rôle où je serais le Maître du Jeu et les personnages les joueurs….

J’aime bien faire l’exercice suivant : me mettre devant une feuille sans idée préconçue et demander à un personnage d’improviser une histoire qui me parle de lui. J’ai mis en perspective ce procédé dans Noire et KKK (voir l’article sur l’Histoire de Jess’).

Au-delà des personnages principaux, les personnages secondaires restent « fonctionnels », et sont entièrement manipulés par moi pour les besoins de l’intrigue, comme n’importe quel ressort narratif.
En théorie.
En pratique, et notamment dans KKK, où le rôle narratif des personnages est mis en perspective, les personnages secondaires peuvent « s’émanciper » et acquérir peu à peu une autonomie propre. Et, là, je ne réponds plus de rien :)

Par exemple, dans KKK, Lara et Keira sont des personnages principaux ; Charlie, Spencer et Doo-Na sont des personnages secondaires émancipés.

Keira vous boujoute et fait de gros bisous à Doo-Na (et à son petit chat).

A.K.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>