[J-78] Sur l’écriture – La réécriture de KKK

Deux ans après m’être attelé à l’écriture (papier) de KKK, j’ai attaqué la phase dite de « réécriture », une phase qui s’est écoulée tout au long de l’année 2008.
Si la phase d’écriture est une phase globalement difficile et épuisante, la phase suivante est, à l’inverse, agréable. Une fois la « matière » du roman extirpée de votre imaginaire, le plus dur est fait. Réécrire ne demande pas beaucoup d’effort, juste de la patience, de l’organisation et de la rigueur (je pense).
Je peux enchainer 3-4 heures d’écritures avant de tomber de fatigue ; je peux enchainer une journée de réécriture sans manger et sans boire (ou presque).

Réécrire consiste à passer d’un premier jet bancal, maladroit et parfois illisible, à un texte LISIBLE, FLUIDE et français (si possible). Suivant les chapitres, ce travail est inégal. Certains chapitres ont nécessité peu de changements ; d’autres ont demandé une réécriture complète.

C’est aussi là que s’opère le tri (virer les scories, les passages inutiles, les boursouflures…), la réorganisation (réorganiser les paragraphes d’un chapitre, réorganiser les chapitres d’une partie – suivant la « déstructuration » voulue et l’effet de mise en parallèle souhaité), la mise en place des transitions et des « échos » entre les différents chapitres. La conclusion du roman étant connue, certains passages deviennent obsolètes ou anecdotiques et disparaissent ; d’autres prennent de l’importance et méritent un développement.

J’ai presque envie de dire que c’est dans cette phase que le véritable travail d’écriture se réalise.
La phase d’écriture proprement dite ne consiste finalement qu’à coucher sur le papier l’histoire qui se déroule quelque part dans votre tête. C’est plus un travail de retranscription cerveau-papier.
La phase de réécriture pose des questions concrètes sur le style, le rythme, le sens, l’organisation du texte, et se doit de résoudre le dilemme : « comment rendre mon texte accessible au plus grand nombre de lecteurs, tout en conservant son identité littéraire ? »

En ce qui me concerne, et pour KKK, j’ai opté pour un texte fluide et relativement explicite – pour compenser des choix littéraires moins abordables comme la déstructuration, la perte de repères narratifs, la transversalité du propos et l’originalité de l’histoire. Des choix que je sais difficiles à aborder pour de nombreuses catégories de lecteurs, et que j’ai essayé de compenser en n’abusant pas d’effets de style, et en rendant l’écriture la plus lisible possible.

Concernant le style, j’ai essayé de construire un style « keiraesque » (évidemment basé sur mon style personnel) – ne me demandez pas de le définir, disons que c’est la Keira en moi qui s’est appropriée mon style (mmm). Ensuite, j’ai dérivé ce style suivant trois axes pour donner une identité à chaque partie : plus incisif pour la partie Lara, plus « naïf » pour la partie Kate, et plus… keiraesque pour la partie Keira.

Ce travail de réécriture a été suivi de pas mal de relectures, toujours pour affiner la fluidité et la lisibilité du texte, pour chasser les incohérences, pour améliorer la langue (par exemple : repérer les répétitions et les métaphores façon steak tartare).

La phase de réécriture est la plus intéressante dans la construction d’un roman, d’autant qu’elle ne vous laisse pas aussi vidé que la phase d’écriture.
Évidemment, je ne savais pas que le pire restait à venir : la recherche d’un éditeur…

Keira vous boujoute et trouve que la fluidité c’est quand même vachement important.

A.K.

PS : et pour faire plaisir à Daylon, la preuve en image que la littérature ce n’est pas du style mais rien que des chiffres !

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